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Les exportations néerlandaises de pommes de terre augmentent de 12.6 % alors que la récolte du nord-ouest de l'Europe chute de 25.4 %

Cargo ships and cranes at Europoort, Rotterdam
Cargos et grues à Europoort, Rotterdam. Photo : Igor Passchier (Pexels)

Les exportations néerlandaises de pommes de terre de consommation et de transformation ont atteint 147,956 tonnes au 30 septembre 2026, en hausse de 12.6 % sur un an — alors même que la récolte globale du nord-ouest de l'Europe est provisoirement estimée à 20.7 millions de tonnes, en baisse de 25.4 % par rapport à 2025.

Les exportations néerlandaises de pommes de terre de consommation et de transformation ont augmenté de 12.6 % pour atteindre 147,956 tonnes au 30 septembre 2026, contre 131,388 tonnes à la même période l'année dernière. Cette croissance est d'autant plus frappante qu'elle coïncide avec une récolte nettement inférieure dans l'ensemble des pays producteurs de la région’ — et elle positionne le système commercial néerlandais, avec ses ports, ses capacités de stockage et ses réseaux de producteurs, comme la plaque tournante d'une campagne écourtée dans le nord-ouest de l'Europe.

La Belgique absorbe la croissance. La Belgique reste la principale destination, avec 90,895 tonnes importées — en hausse de 29.7 % par rapport aux 70,061 tonnes précédentes, absorbant à elle seule 19,970 tonnes en septembre. Les expéditions vers la France ont augmenté d'environ 80 % pour atteindre 16,925 tonnes (contre 9,347 tonnes), tandis que les exportations vers l'Allemagne ont diminué de 51.2 % pour s'établir à 7,737 tonnes. Le total des expéditions vers les marchés européens a atteint 118,903 tonnes, soit une augmentation d'environ 17–18 %. Le constat est clair : l'industrie de transformation de la Belgique’, manquant de matière première locale après une mauvaise récolte, s'approvisionne massivement auprès des Pays-Bas, tandis que le déficit de la France’ en fait le flux à la croissance la plus rapide. À l'inverse, la baisse de moitié des volumes absorbés par l'Allemagne’ suggère que sa récolte nationale a suffi à couvrir les besoins immédiats — ou que les acheteurs allemands attendent des signaux sur les prix avant de s'engager dans des importations.

Une récolte régionale en baisse. Les estimations préliminaires établissent la récolte globale de pommes de terre de la Belgique, de l'Allemagne, de la France et des Pays-Bas à environ 20.7–20.8 millions de tonnes, en baisse d'environ un quart (25.4 %) par rapport à 2025, avec une surface plantée également en recul. La chaleur et la sécheresse ont affecté le développement des cultures, ce qui s'est traduit par des rendements plus faibles et des calibres de tubercules plus petits — ce qui pourrait limiter les approvisionnements pour la transformation tout au long de la saison. La combinaison d'une superficie réduite et d'un rendement grevé par la météo signifie que le déficit est structurel et pas seulement statistique : même des conditions de stockage favorables ne peuvent pas fabriquer un tonnage qui n'a jamais été produit.

Au-delà de l'Europe. Les exportations néerlandaises vers l'Afrique ont diminué de 11.7 % pour atteindre 15,101 tonnes, tandis que les expéditions vers les Amériques ont augmenté d'environ 5 % pour s'établir à 13,948 tonnes, emmenées par Trinité-et-Tobago et le Guyana — un rééquilibrage modeste qui laisse néanmoins l'Europe largement dominante dans le portefeuille d'exportation néerlandais. Au sein du total africain, la Côte d’Ivoire a absorbé à elle seule 9,345 tonnes, en hausse de 40.7 % — un rappel que les baisses régionales globales peuvent masquer une forte croissance vers certaines destinations individuelles.

Les prix de la pomme de terre d'industrie sont restés globalement stables mi-octobre ; la fécule de pomme de terre (FCA Lodz, Pologne) s'est maintenue à €0.625/kg tout au long des mois de septembre et d'octobre. L'évolution du marché dépendra désormais de la demande d'achat, de la qualité de conservation en stockage et de la disponibilité de pommes de terre répondant aux cahiers des charges de la transformation. Cette accalmie sur les prix, au regard d'une baisse de récolte d'environ 25 %, laisse penser que les acheteurs s'attendent toujours à ce que le marché s'équilibre — mais elle laisse également peu de marge de manœuvre face à d'éventuels chocs météorologiques ou de stockage plus tard dans la saison, lorsque les stocks spéculatifs auront déjà été entamés.

Le paradoxe au cœur de ces chiffres — des exportations en hausse de 12.6 % alors que la récolte régionale chute d'un quart — ne pourra pas durer indéfiniment : les réexportations et les mouvements de début de saison font le travail pour l'instant, mais d'ici le milieu de l'hiver, l'arithmétique brute d'une récolte d'environ 20.7 millions de tonnes s'imposera. Il faudra observer si le rythme des exportations néerlandaises ralentit à mesure que les transformateurs nationaux et les usines belges se disputent un bassin de tubercules conformes aux cahiers des charges en réduction.

Sources : FreshPlaza ; Commodity Board.

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